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Article Marc Vanhove Emission M6 Juillet 2019

Vanhove, un régent devenu roi

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Créateur de la franchise Bistro Régent, Marc Vanhove souhaite apporter argent et conseils à de jeunes entrepreneurs.

Son plus jeune franchisé a 21 ans. Face à lui, Marc Vanhove s’est forcément revu trente ans plus tôt, sortant à peine de l’adolescence, lorsqu’il avait acheté son premier restaurant pour un franc symbolique au lieu des 200 000 que lui réclamait le vendeur.

« Lui, il vient du milieu de la restauration et il a ses parents pour l’aider. Moi, mes parents n’avaient pas un sou, rappelle-t-il. Mais c’est vrai que voir un gamin de 21 ans se lancer dans l’entreprise, ça me plaît. J’aime les entrepreneurs. »

Et on aurait tort de croire que le créateur de l’enseigne Bistro Régent n’aime que les entrepreneurs qui gagnent et réussissent. Les gens comme lui, quoi.

« Je suis le seul franchiseur à avoir créé un fonds de péréquation pour aider ceux qui sont en difficulté financière, répond-il. Ce sont les fournisseurs qui nous alertent si un restaurant a du retard dans les paiements. j’appelle le franchisé et si sa trésorerie est tendue, on le dépanne. Cela s’est produit trois fois pour des sommes allant de 15 000 à 30 000 euros. Le rôle d’un franchiseur, c’est d’être là quand ça va bien et quand ça va mal. »

 

900 demandes d’ouverture

Pour Marc Vanhove, tout va très bien. Bistro Régent fêtera l’an prochain son dixième anniversaire et il en est aujourd’hui à 131 établissements, à raison désormais de 30 à 35 ouvertures par an. « Au-delà, explique Marc Vanhove, on ne peut pas accompagner sérieusement le franchisé. »

« Juste après avoir ouvert les trois premiers Bistro Régent, je croulais déjà sous les demandes. Aujourd’hui, j’en reçois toujours près de 900 mais seulement la moitié de farfelues. Il faut donc faire un tri rigoureux. »

Priorité est accordée aux villes qui n’ont pas encore d’enseignes. Récemment, Marc Vanhove recevait dans ses bureaux de la rue Vital-Carles à Bordeaux une candidature pour Dijon et une autre pour Beauvais. À l’exception de Lille -mais c’est dans les tuyaux- toutes les grandes villes françaises ont leur Bistro Régent. « On ouvre aussi dans tous les départements de la couronne parisienne. »

Marc Vanhove reste donc plus que jamais déterminé sur son objectif de 300 enseignes à l’horizon 2023 ou 2024, « Je l’ai dit dès le début et beaucoup de gens se foutaient de ma gueule, Mais je savais exactement ce que je voulais faire. Pour réussir à convaincre les autres, que ce soit les banquiers, les fournisseurs et les clients, il faut d’abord être convaincu soi-même. »

« La seule différence avec mon plan de départ est que ce devait être trois restaurants par département, ajoute le patron de la franchise. Or, on en est déjà à plus de trente en Gironde, une vingtaine en Haute-Garonne ou dans le Rhône.”

 

Tartares de boeuf et de saumon

La recette en revanche n’a pas changé. Filet de rumsteak, saumon ou magret de canard avec salade verte, frites à volonté et la fameuse sauce Charmelcia (nom inventé à partir du prénom de ses trois enfants) pour 13,90 €. Et une Porsche à gagner par tirage au sort.

Deux nouveautés, cependant, avec les tartares de bœuf et de saumon. « On s’est aperçu que beaucoup de clients aimaient manger cru, surtout quand il fait chaud. Les tartares représentent 20% de notre chiffre d’affaires. »

Pas de poule à la carte. Mais des œufs d’or pour les fournisseurs de Marc Vanhove qui ne veulent surtout pas perdre un tel client. « Quand je parle, ils m’écoutent », reconnaît-il en paraphrasant Michel Audiard.

Jugez plutôt : 650 tonnes annuelles de magret et de bœuf, 450 tonnes de saumon. Quant aux frites, faites le calcul : 500 grammes par personne à multiplier par 7 millions de clients.

Marc Vanhove a fait un autre calcul. À 300 établissements, Bistro Régent pourrait valoir jusqu’à 600 millions d’euros. Le chef d’entreprise commence déjà à penser à l’avenir mais ne s’imagine pas une seule seconde dans la peau d’un rentier. Grâce à une nouvelle émission de M6, présentée par le compatriote julien Courbet, il se découvre même une vocation de « business angel », ces investisseurs qui… investissent dans les entreprises des autres.

 

« Pas de revanche à prendre »

Il figure dans le jury avec Marc Simoncini (l’inventeur de « Meetic »), Frédéric Mazzella (« Blablacar »), Delphine André («Transports André ») et Catherine Barba, administratrice de nombreuses start-up. Face à ce jury chevronné, de jeunes entrepreneurs doivent présenter leur projet en espérant déclencher une levée de fonds.

« Je procède comme d’habitude, explique Marc Vanhove. Je regarde l’homme, sa façon de parler, de se tenir, de se présenter. Et puis, je regarde le produit présenté. Si les deux sont alignés, je fonce. »

Tenu par le secret de l’émission dont la date de diffusion n’est pas encore divulguée, Marc Vanhove n’en dit pas plus. Il précise toutefois que certains projets l’ont emballé et qu’il a choisi de donner un coup de pouce financier à leurs créateurs.

Ceux qui connaissent la gouaille et l’art de « la tchatche » de Marc Vanhove n’en seront pas surpris. Le patron bordelais se sent à la télévision comme un poisson dans l’eau. C’est grâce à son copain – et emblème publicitaire – Philippe Etchebest, autre vedette de M6, que Marc Vanhove a séduit la chaîne que dirige un autre Bordelais, Nicolas de Tavernost.

« Moi aussi, quand j’ai débuté, j’aurais bien aimé avoir quelqu’un qui me file un coup de main. Parfois, on n’a pas seulement besoin d’argent mais de conseils. »

Marc Vanhove n’est pas peu fier de raconter que la Banque publique d’investissement, créée par François Hollande en 2013, l’a aussi invité à faire des conférences, lui, le PDG parti de rien, que sa mère habillait chez Pantashop.« Je n’ai pas de revanche sociale vis-à-vis des gens. On n’est pas heureux parce qu’on a de l’argent. On est heureux quand on à une passion. » Le patron n’a même pas peur de tout perdre. « Je remettrais le couvert », jure-t-il.

 

AVEC LES GIRONDINS DE BORDEAUX

Jeune, Marc Vanhove a dû choisir entre Le football et la restauration. Il a choisi la seconde et ne doit pas le regretter aujourd’hui. il n’a pas pour autant oublié le football puisqu’il est devenu le sponsor principal des Girondins de Bordeaux.

« Bordeaux, c’est ma ville et Les Girondins c’est mon club. Je n’attends aucun retour de cet investissement. Je le fais par amour de ma ville. » Marc Vanhove ne cache pas que le sport pourrait être une diversification professionnelle s’il voulait passer à autre chose après Bistro Régent.

L’ancien candidat aux municipales 2008 a en revanche pris ses distances avec la politique. « Je n’en ai pas besoin pour vivre. En 2020, je soutiendrai Nicolas Florian. On peut enfin avoir un vrai Bordelais élu maire, pas un parachuté. » Mais le patron ne détesterait pas qu’on le consulte au niveau national. « J’ai quelques idées sur l’entreprise quand même. Et quelques résultats… »

 

Benoît Lasserre
blasserre@sudouest.fr

Source : https://www.sudouest.fr